Toulouse, capitale du Languedoc, fut le berceau de Raymond. Ses parents, très riches et fort honorables, lui firent donner une éducation profondément chrétienne. Au lieu de rechercher les amusements de son âge, l'enfant ne prenait plaisir qu'à la piété.
Après ses études, il s'engagea d'abord comme chantre au service de l'église de Saint-Sernin, chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin. Puis il se maria.
Devenu bientôt veuf, sans quitter immédiatement le monde, il vécut comme un religieux : la prière, les macérations et les veilles firent ses délices, et les revenus de son riche patrimoine passèrent libéralement et sans bruit dans les mains des pauvres.
Aux aumônes particulières, ce noble chrétien voulut ajouter des œuvres de charité permanente. Il construisit à ses propres dépens et renta un collège pour l'entretien et l'instruction de treize clercs pauvres, en l'honneur de Jésus-Christ et de ses douze apôtres.
Les habitants d'une contrée voisine de Toulouse ne pouvaient venir dans cette ville qu'en traversant sur des bacs une rivière dangereuse où maints bateaux avaient tragiquement coulé. Le saint homme y fit jeter deux ponts solides qu'il paya entièrement de sa bourse.
La basilique de Saint-Sernin était alors un monument trop modeste. Raymond se chargea de la rebâtir magnifiquement. Pendant les treize années que dura la construction, il fournit toutes les sommes nécessaires pour une si grande entreprise et veilla chaque jour en personne à la bonne exécution des travaux.
L'église était à peine achevée que le généreux fondateur demanda humblement d'être admis au nombre des religieux chargés de la desservir. Bientôt, le parfum de ses vertus embauma la maison des chanoines, son zèle autorisé réforma les abus, et des personnes du monde accoururent se ranger, à son école, sous le joug suave de Jésus-Christ.
Dieu ne tarda pas d'appeler au Ciel l'âme de son pieux et fidèle serviteur en l'an 1159.
Cet humble religieux, qui était pourtant comme le second fondateur de l'abbaye, se jugeait tout à fait indigne d'y trouver même un coin pour reposer ses cendres. On dut l'inhumer, selon son désir formel, dans un tombeau qu'il s'était fait préparer au collège de ses pauvres clercs.
Réflexion Pratique
Saint Raymond avait parfaitement compris la maxime de Jésus-Christ rapportée par saint Paul : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Faisons des aumônes généreuses et détachons-nous des biens de la terre : nous y goûterons un charme et une paix intérieure que les cœurs étroits ne soupçonnent même point.