Saint Antoine-Marie Zaccaria naquit à Crémone, en Italie, d'une famille d'opulents patriciens. Son père, enlevé par une mort soudaine alors qu'Antoine-Marie était encore au berceau, laissa sa mère veuve à l'âge de dix-huit ans. Elle se consacra tout entière à l'éducation de son fils.
Chrétienne fervente, elle s'appliquait surtout à former le petit Antoine-Marie à la vertu. À son école, il apprit vite à soulager les pauvres avec une grande compassion. Cet enfant au bon cœur allait jusqu'à se priver volontairement de nourriture pour pouvoir nourrir et vêtir les indigents. Sa sincère charité lui attira d'abondantes bénédictions et des grâces de choix.
Le jeune Antoine-Marie Zaccaria étudia la philosophie à Pavie, puis à Padoue. Reçu docteur en médecine à l'âge de vingt-deux ans, il choisit sa ville natale pour exercer son art. Tout en soignant les corps, il cherchait sans cesse à faire du bien aux âmes.
Une inspiration intérieure le poussait cependant à embrasser l'état ecclésiastique. Pour se préparer dignement à l'apostolat, il se mit à étudier avec ardeur la théologie et les écrits des Pères de l'Église. Il reçut l'ordination sacerdotale en 1528, à l'âge de vingt-six ans.
Pendant ses études, il ne perdit jamais de vue sa propre sanctification ni celle de son prochain. Il visitait régulièrement les malades dans les hôpitaux, rassemblait les petits enfants abandonnés et leur enseignait le catéchisme. Devenu prêtre, il œuvra à Crémone où sa parole simple et persuasive ramena beaucoup de chrétiens à la pratique de leurs devoirs. « Allons voir l'ange de Dieu ! » disaient ses compatriotes.
Bien qu'il passât des heures au confessionnal, il ne suffisait pas à la tâche. C'est alors que saint Antoine-Marie Zaccaria songea à réunir autour de lui un certain nombre de prêtres zélés qui, tout en s'appliquant à se sanctifier eux-mêmes, travailleraient à la sanctification de leurs frères en combattant l'ignorance, la paresse et la corruption du siècle. Ces prêtres menaient une vie pauvre et frugale, prêchant surtout par l'exemple. « C'est le propre des grands cœurs, leur disait le Saint, de vouloir servir sans récompense, combattre sans ravitaillement assuré. »
Le Souverain Pontife leur permit de constituer une nouvelle congrégation sous le nom de : Clercs réguliers de Saint-Paul. On leur confia plus tard l'église Saint-Barnabé à Milan, d'où leur vint le nom populaire de Barnabites.
Le zélé fondateur ne s'arrêta pas là :
La dévotion à la Sainte Eucharistie fut son moyen de choix pour conquérir les cœurs à Dieu. En 1534, il commença à exposer publiquement le Très Saint Sacrement durant quarante heures, en souvenir du temps que le corps du Sauveur demeura dans le tombeau. C'est historiquement à lui que l'on doit cette bienfaisante institution des Quarante-Heures.
Devant ce renouveau chrétien, les esprits médiocres traitèrent les fervents de fanatiques et de superstitieux. Saint Antoine-Marie fut critiqué, moqué et décrié, mais une grande paix et une profonde sérénité ne cessaient d'envelopper son âme.
En 1539, épuisé par une sainte mission qu'il prêchait à Guastalla, sa santé fléchit soudainement. Le Saint se rendit à Crémone, chez sa mère. Ses religieux vinrent l'y visiter une dernière fois ; il leur annonça sa mort prochaine, qu'il venait d'apprendre par révélation divine.
Après avoir reçu l'extrême-onction et le saint viatique, saint Antoine-Marie Zaccaria s'endormit paisiblement dans le Seigneur le 5 juillet 1539, à l'âge de trente-sept ans seulement. On l'enterra à Milan où il fut immédiatement honoré. Le pape Léon XIII l'a solennellement canonisé.
Réflexion Pratique
Dieu donne dans tous les temps aux chrétiens des modèles à imiter ; et dans notre siècle même, tout corrompu qu'il est, il y a des serviteurs fidèles. Étudions leurs actions avec respect, et que leurs exemples embrasent notre zèle et animent notre piété.