« Heureux les pauvres ! »
Sainte Claire naquit à Assise, en Italie.
Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l'oraison, le mépris du monde, l'amour des pauvres et de la souffrance ; sous ses habits précieux, elle portait un cilice.
À l'âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d'Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu.
Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes : Claire devra, revêtue d'un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte.
Elle accomplit de grand cœur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux.
Elle triomphe de la résistance de sa famille.
Quelques jours après, sa sœur Agnès la supplie de l'agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel.
« Morte ou vive, qu'on me ramène Agnès ! »
s'écria le père, furieux à cette nouvelle ; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa sœur.
Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs sœurs, vinrent les rejoindre.
La communauté fut bientôt nombreuse et florissante ; on y vit pratiquer, sous la direction de sainte Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime : l'amour de Dieu était l'âme de toutes ses vertus.
Claire dépassait toutes ses sœurs par sa mortification ; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair ; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture ; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l'eau, trois fois la semaine seulement.
Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller.
Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent.
Elle éveillait ses sœurs, sonnait matines, allumait les lampes et balayait le monastère.
Elle voulait qu'on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle.
Sa vie de supérieure fut ainsi profondément marquée par l'humilité et le service.
Pour elle, l'autorité ne devait jamais devenir une recherche d'honneur, mais demeurer un service rendu à Dieu et aux âmes.
Claire est célèbre par l'expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent.
Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria :
« Je vous ai gardées et Je vous garderai toujours. »
Claire, malade, se fit transporter à la porte du monastère et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis.
Sa mort arriva le 12 août 1253.
Elle laissait derrière elle une communauté profondément enracinée dans la prière, la pauvreté, la pénitence et l'amour de Dieu.
La vie de Sainte Claire rappelle la place centrale de la pauvreté évangélique dans la vie religieuse.
Loin d'être simplement un mépris matériel des biens de la terre, cette pauvreté est avant tout un acte de confiance en la Providence divine et de détachement du monde pour s'attacher plus parfaitement à Dieu.
Claire choisit librement ce que le monde considère comme faiblesse : la pauvreté, l'obéissance, la clôture, la pénitence et la prière.
Elle y trouva une liberté plus profonde : celle d'une âme qui ne cherche plus sa consolation dans les biens passagers, mais dans Notre Seigneur Jésus-Christ.
Heureux les riches ! crie le monde. Heureux les pauvres ! dit Notre Seigneur. Claire crut à la parole du Divin Maître ; elle embrassa la pauvreté religieuse avec son cortège de pénitences ; elle y goûta des douceurs ineffables, et remporta la palme d'une éminente sainteté.
Les maximes du monde sont trompeuses ; les promesses de Dieu sont infaillibles.
La leçon de Sainte Claire demeure précieuse pour toute âme chrétienne.
Nous ne sommes pas tous appelés à embrasser la pauvreté religieuse comme elle le fit, mais chacun peut apprendre d'elle le détachement des biens terrestres, la confiance en la Providence et la recherche du véritable trésor qui est Dieu.
Ô glorieuse Sainte Claire,
vous qui avez tout abandonné pour suivre Jésus-Christ,
vous qui avez choisi la pauvreté, la pénitence, la prière et l'humilité,
obtenez-nous un cœur détaché des vanités de ce monde.
Apprenez-nous à aimer Dieu par-dessus toutes choses,
à accepter avec confiance les épreuves de notre vie,
et à chercher avant tout les biens éternels.
Vous qui avez vécu dans la pauvreté pour mieux appartenir au Christ,
obtenez-nous la grâce de ne jamais préférer les biens passagers aux richesses impérissables du Ciel.
Sainte Claire d'Assise,
vierge et épouse fidèle de Jésus-Christ, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Veni Creator — Que l'exemple de Sainte Claire nous apprenne à nous détacher des vanités du monde, à aimer la prière et à rechercher en toutes choses la plus grande gloire de Dieu.