« Bienheureux qui portera devant son juge, après la mort, l'innocence conservée ou reconquise ! »
Radegonde, fille d'un roi de Thuringe, fut prise par Clotaire, roi des Francs, dans une guerre entre la Thuringe et la France. Clotaire traita la jeune captive avec beaucoup d'égards, la fit instruire dans la religion chrétienne et lui fit conférer le saint Baptême.
Elle eût voulu consacrer à Dieu sa virginité ; mais elle dut épouser le roi qui avait massacré sa famille vaincue.
Radegonde profita des richesses du trône pour orner les églises et assister les pauvres. Six années passées sur le trône n'avaient point fait renoncer Radegonde à l'espérance de la vie du cloître. L'assassinat de son frère par le roi son époux lui fournit une occasion favorable ; Clotaire, fatigué de ses larmes, lui permit de partir.
Elle se rendit d'abord à Noyon, et, comme l'évêque hésitait à recevoir ses vœux, elle se coupa les cheveux elle-même, revêtit la bure des religieuses, déposa ses ornements royaux sur l'autel, et fut consacrée au Seigneur.
De là, Radegonde se rendit aux environs de Poitiers et se livra à tous les exercices d'une vie austère ; elle ne vivait que de pain de seigle et d'orge, d'herbes et de légumes, et ne buvait pas de vin.
Son vêtement était un cilice, son lit de la cendre ; elle servait les pauvres de ses mains, pansait elle-même les malades atteints de la gale et de la teigne, lavait les plaies des lépreux et souvent délivrait les malheureux de leurs infirmités par des miracles.
Un cierge reçu d'elle et allumé près d'un malade suffisait à le guérir ; en passant par ses mains, les fruits et les aliments prenaient une vertu dont l'effet merveilleux ne tardait pas à se faire sentir.
Elle mourut en 587, à l'âge de 68 ans. C'est une des Saintes les plus populaires de la France.
La vie de Sainte Radegonde offre un témoignage particulièrement fort du détachement chrétien.
Elle avait connu les honneurs de la couronne et les richesses du monde, mais elle comprit que ces biens ne constituent pas le véritable bonheur de l'homme. Elle les employa au service de Dieu, de l'Église et des pauvres, puis abandonna les splendeurs de la cour pour se consacrer davantage à la pénitence et à la vie religieuse.
Son exemple rappelle que la véritable grandeur chrétienne ne se mesure pas aux honneurs reçus, mais à la fidélité avec laquelle une âme accomplit la volonté de Dieu.
Tous ne sont pas appelés aux austérités du cloître, mais tous doivent faire pénitence et pratiquer les vertus de leur état. Bienheureux qui portera devant son juge, après la mort, l'innocence conservée ou reconquise ! Mais ce bonheur dépend de nous. Que cette pensée inspire et règle toute notre vie.
La pénitence chrétienne n'est pas réservée aux religieux. Chacun, selon son état de vie et les devoirs que Dieu lui confie, peut apprendre de Sainte Radegonde à pratiquer le renoncement, la charité, la patience et le détachement des biens passagers.
Demandons à cette grande Sainte de France de nous obtenir la grâce de demeurer fidèles à Dieu dans les devoirs de notre état et de préparer chaque jour notre âme à paraître devant son divin Juge.
Ô glorieuse Sainte Radegonde,
vous qui avez quitté les grandeurs de ce monde pour vous consacrer plus parfaitement à Dieu,
obtenez-nous la grâce d'aimer Notre Seigneur Jésus-Christ au-dessus de toutes les créatures.
Apprenez-nous le véritable détachement des biens terrestres, la patience dans les épreuves, la charité envers les pauvres et les malheureux, ainsi que l'esprit de pénitence.
Vous qui avez honoré l'Église et servi les plus démunis,
présentez nos prières à Dieu et obtenez-nous la persévérance finale.
Sainte Radegonde,
reine devenue servante de Dieu, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Veni Creator — Que l'exemple des Saints de France nous aide à vivre chrétiennement notre état de vie, dans la pénitence, la charité et la fidélité à Dieu.