22 Juillet – Sainte Marie-Madeleine, Disciple et Pénitente. Ier Siècle

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Jésus dînait chez un pharisien, nommé Simon. « Pendant le festin, une femme entra dans la salle, portant un vase d'albâtre qui contenait une liqueur odoriférante. Elle se nommait Madeleine ; elle était pécheresse, et toute la ville connaissait ses scandales. À la vue des convives, elle se prosterna derrière Jésus, lui baisa les pieds en pleurant, y versa ses parfums mêlés de ses larmes, et les essuya de ses cheveux. »


La grande pénitente au repas de Simon

Le maître de la maison, voyant l'action de Madeleine, s'étonna que Jésus la souffrît. Il pensait en son esprit : S'il était prophète, il saurait qui est cette femme et qu'elle est pécheresse !

Jésus voulut montrer au pharisien qu'il savait mieux que lui quelle était cette femme, et ne le connaissait pas moins lui-même :

« Simon, j'ai quelque chose à te dire. Un créancier avait deux débiteurs. L'un lui devait cinq cents deniers, l'autre cinquante, et comme ni l'un ni l'autre n'avaient de quoi le payer, il leur remit à l'un et à l'autre ce qu'ils lui devaient. Des deux, lequel l'aima davantage ? »

— « Suivant moi, répondit Simon, c'est celui à qui il a le plus remis. »

— « Tu juges bien », reprit Jésus.

Alors, se tournant vers la pécheresse, mais continuant de parler au pharisien :

« Tu vois cette femme ? Je suis venu dans ta maison, et tu n'as point préparé d'eau pour me laver les pieds : cette femme les a arrosés de ses larmes, et les a essuyés de ses cheveux. Tu ne m'as point donné le baiser : elle, depuis qu'elle est entrée, elle n'a cessé de baiser mes pieds. Tu n'as point répandu d'huile sur ma tête : elle a répandu sur mes pieds son parfum. C'est pourquoi, je te le dis, beaucoup de péchés lui seront pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui l'on remet moins aime moins. »

Le parfum de Madeleine a rempli la terre et les siècles. Accepté par Jésus, il est devenu l'odeur même du Christ, l'odeur de la clémence infinie qui attire à la vie éternelle. Madeleine est la première pénitente du Sauveur. Elle le reconnut vraiment Sauveur, dans le sens qu'il devait « sauver son peuple de leurs péchés ». Elle lui demanda la vraie guérison, celle des plaies mortelles de l'âme ; elle fit la vraie satisfaction, celle des larmes ; elle paya le vrai tribut, celui de l'amour.

Jésus lui décerne une gloire qu'il n'a donnée à nul autre : « Elle a beaucoup aimé ». Cette parole est restée, dans le monde, plus puissante sur les cœurs que toutes les lumières de la raison, tous les livres de la morale et toutes les contraintes de la loi.

Jésus donc dit à la grande pécheresse, désormais la grande pénitente : « Tes péchés te sont remis. » Les pharisiens murmurèrent : « Qui est celui-ci, qui remet même les péchés ? » Le monde n'a souvent qu'une infâme indulgence ou une implacable rigueur ; Dieu voit le repentir, pardonne et purifie. Sans répondre davantage aux pharisiens, Jésus dit à Madeleine : « Ta foi t'a sauvée ; va en paix. »


Au pied de la Croix et au Matin de la Résurrection

Cette pécheresse est la même que Madeleine de laquelle il est ailleurs écrit que Notre-Seigneur l'avait délivrée de sept démons, la même aussi que Marie-Madeleine, sœur de Lazare et de Marthe, de qui Jésus dira qu'elle a choisi la meilleure part.

Elle sera au Calvaire à côté de Marie et de Jean, les deux vases très purs de la sainte virginité. Ressuscitée de la grâce, elle aura encore la gloire d'être la première entre les disciples qui verra Jésus victorieux sortir du tombeau. Et l'Église chante, à la fête de l'Assomption de la très sainte Vierge, l'Évangile où il est rapporté que Marie, assise aux pieds du Seigneur, restait à l'écouter.

Le surlendemain de la mort du Sauveur, Marie-Madeleine se rend avant le jour au sépulcre. Elle voit la pierre tombale écartée. En toute hâte, elle va prévenir Simon-Pierre et Jean. Les deux disciples courent au Calvaire, constatent le fait et se retirent. Madeleine, revenue au tombeau, ne pouvait se résoudre à le quitter. Elle se tenait à l'entrée, fondant en larmes.

Se penchant pour regarder dans l'intérieur du sépulcre, elle voit deux anges vêtus de blanc. « Femme, pourquoi pleurez-vous ? »« C'est qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis. » Puis elle se retourne et aperçoit Jésus debout, qu'elle prend pour le jardinier : « Seigneur, si c'est vous qui l'avez enlevé d'ici, dites-moi où vous l'avez déposé, afin que je l'emporte. »

La voix de Jésus prononce alors simplement : « Marie ! » Elle, le reconnaissant soudain, se précipite et s'écrie : « Mon bon Maître ! »« Ne me touche pas, » lui dit Jésus ; « je ne monte pas encore vers mon Père. Va trouver mes frères et dis-leur que je monterai bientôt vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Marie-Madeleine revint donc trouver les disciples : « J'ai vu le Seigneur ! » s'écria-t-elle. Avant de remonter au ciel, Notre-Seigneur voulut revoir Béthanie, et lorsqu'il en sortit pour son ascension, Marthe et Madeleine le suivirent jusqu'à la montagne des Oliviers.


La tradition provençale : La Sainte-Baume

Après le martyre de saint Étienne, la persécution des Juifs fut si violente à Jérusalem que tous les fidèles en sortirent. L'an 45, les Juifs se saisirent de Madeleine, de son frère Lazare le ressuscité, de Marthe sa sœur et les embarquèrent sur un vaisseau dépouillé de tous ses agrès dans le dessein de les faire périr. Saint Maximin, l'un des soixante-douze disciples du Sauveur, Sydoine (l'aveugle-né de l'Évangile) et plusieurs autres partagèrent leur sort.

Par un grand miracle, le navire vint aborder sain et sauf à Marseille. Les exilés furent reçus avec honneur et plantèrent dans toute la Provence le drapeau de Jésus-Christ :

  • Saint Maximin fut premier évêque d'Aix ;
  • Saint Lazare fut premier évêque de Marseille ;
  • Marthe assembla à Tarascon une communauté de vierges ;
  • Madeleine, l'amante de la contemplation, se retira dans la solitude.

Après un temps aux Aigualades et dans une grotte sous Saint-Victor de Marseille, elle gagna une haute montagne déserte : la Sainte-Baume. Là, au milieu d'un roc escarpé, elle vécut environ trente ans, n'ayant pour nourriture que l'amour de son Dieu et pour breuvage que les larmes de la pénitence.

Le temps de sa mort approchant, les anges, qui la visitaient chaque jour, la transportèrent à Aix dans l'oratoire de saint Maximin. Toute baignée de larmes de joie, elle y reçut le Corps adorable de Jésus des mains de l'évêque, puis expira paisiblement.


Réflexion Pratique

Âmes tendres qui avez imité sainte Marie-Madeleine dans ses faiblesses, transformez comme elle votre amour terrestre en amour divin, et il vous transformera pour l'éternité.


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