« Soyez fidèles jusqu'à la mort, et Je vous donnerai la couronne de vie. »
— Apocalypse 2, 10
Sainte Christine n'était encore qu'une enfant d'une dizaine d'années lorsque le Seigneur lui accorda la grâce d'un courage extraordinaire. Sa foi fut si inébranlable qu'il fallut trois gouverneurs romains successifs pour parvenir à lui ôter la vie, tant Dieu manifesta sa puissance au travers de cette jeune martyre.
Son père, Urbain, gouverneur romain profondément attaché au culte des idoles, conservait dans sa demeure de nombreuses statues d'or et d'argent destinées aux faux dieux. Éclairée par la grâce divine, Christine reconnut la vanité de ces idoles. Profitant de l'absence de son père, elle les brisa toutes et distribua les métaux précieux aux pauvres chrétiens.
Lorsque cette nouvelle parvint à Urbain, sa colère fut terrible. Il fit battre sa propre fille, la fit fouetter et déchirer avec des griffes de fer.
Pourtant, au milieu de ces souffrances, la jeune enfant demeurait dans une paix surnaturelle. Les anciens racontent qu'elle ramassait les morceaux de sa chair pour les présenter à son père, lui montrant ainsi combien son âme appartenait désormais entièrement au Christ.
Le supplice de la roue ne put rien contre elle.
Le feu demeura sans effet.
Un Ange descendit ensuite dans sa prison afin de guérir miraculeusement toutes ses blessures.
Persuadé qu'elle ne survivrait pas à une noyade, son père la fit jeter dans un lac avec une lourde pierre attachée au cou. Mais un Ange la soutint et la conduisit saine et sauve jusqu'au rivage.
Ce miracle fut le dernier que vit Urbain : le lendemain matin, il fut retrouvé mort dans son lit.
Son successeur poursuivit aussitôt les persécutions.
Christine fut plongée dans une immense cuve remplie d'huile bouillante mêlée de poix. Avant le supplice, elle fit simplement le signe de la Croix. Les flammes et l'huile ne purent lui faire aucun mal.
On la conduisit ensuite dans le temple d'Apollon.
À peine y entra-t-elle que la statue du faux dieu se brisa entièrement. Le gouverneur, frappé par la puissance divine, mourut aussitôt.
Ce prodige entraîna la conversion d'environ trois mille païens, qui demandèrent à recevoir la vraie foi.
Un troisième gouverneur prit alors la relève.
Déterminé à effacer l'humiliation de ses prédécesseurs, il fit jeter Christine dans une fournaise ardente durant cinq jours.
Les flammes ne lui causèrent aucun dommage.
On l'enferma ensuite au milieu de nombreuses vipères, qui demeurèrent paisibles sans lui porter atteinte.
On lui coupa enfin la langue, mais elle continua miraculeusement à louer Dieu et à proclamer sa foi.
Finalement, attachée à un poteau, elle reçut plusieurs flèches qui mirent fin à son glorieux martyre.
La vie de Sainte Christine rappelle que la grâce de Dieu dépasse toutes les limites humaines.
Cette enfant possédait naturellement la faiblesse de son âge, mais Dieu fit d'elle un modèle de courage, de fidélité et de persévérance.
Aucun chrétien ne peut donc prétexter sa jeunesse, ses difficultés ou ses faiblesses pour s'éloigner du Seigneur.
Lorsque nous nous abandonnons véritablement à la grâce, le Christ nous donne la force de vaincre le démon, le monde et nos passions.
« Je puis tout en Celui qui me fortifie. »
(Philippiens 4, 13)
Ô Sainte Christine,
Vous qui avez préféré les tourments à l'abandon de Jésus-Christ,
obtenez-nous un cœur fidèle,
une foi inébranlable,
et le courage de témoigner de l'Évangile dans notre vie quotidienne.
Priez pour les enfants,
pour les jeunes,
pour les familles chrétiennes,
et pour tous ceux qui souffrent à cause de leur foi.
Amen.